Développement de l’agriculture biologique : « L’État doit être à la hauteur »

    Le ministre de l’Agriculture a confirmé la semaine passée le désengagement de l’État dans les aides au maintien à l’agriculture biologique (MAB) à partir de 2018, c’est à dire pour les exploitations engagées en conversion depuis 2013. Les régions pourront, si elles le souhaitent, financer leurs propres dispositifs d’aide au maintien.

     Même dans un contexte de marché positif, la fin de l’aide au maintien risque de fragiliser les exploitations concernées, au regard des investissements nécessaires pour engager la transition de leur système d’exploitation.

     

    Cette décision interroge sur la volonté de l’Etat de reconnaître les services écologiques rendus par l’agriculture bio, et semble nier les contours du changement d’échelle de l’agriculture bio, qui résulte notamment de la somme de choix d’agriculteurs.

    S’agissant des enveloppes destinées à la conversion à l’agriculture biologique (CAB), les engagements annoncés par Stéphane Travert restent à ce stade insuffisants. Au rythme actuel, l’objectif annoncé de « 8% de la SAU (surface agricole utile) en bio en 2020 » pourrait être atteint bien avant cette date, pour peu que les aides à la conversion soient à la hauteur.

    Il serait incompréhensible que la progression de la bio, plébiscitée par les consommateurs, soit entravée par le manque d’ambition des pouvoirs publics. Pour l’association Bio Normandie, le ministre de l’Agriculture doit prendre l’engagement d’accompagner toutes les futures demandes de conversion, même au-delà de l’objectif de 8% annoncé.

    L’agriculture biologique ne se résume ni à des chiffres ni à un marché en croissance : elle est d’abord une pratique visant à produire dans le respect des équilibres et des ressources naturelles. A l’heure où l’urgence environnementale est plus forte que jamais, à l’heure aussi où les acteurs privés investissent eux massivement dans la bio, une baisse des moyens publics serait désolante.
    Le 11 octobre prochain, le président de la République doit s’exprimer dans le cadre des états généraux de l’alimentation. L’association Bio Normandie attend qu’à cette occasion, l’Etat clarifie ses engagements et annonce une volonté nette en faveur du développement de l’agriculture biologique, qui doit être une voie majeure d’inspiration pour la transition agricole de notre pays.

     

    Avec la fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB), l’association Bio Normandie va poursuivre sa mobilisation pour faire entendre la nécessité d’une intervention publique forte sur le soutien à l’agriculture biologique. Dès cette semaine, l’association Bio Normandie va notamment solliciter une rencontre auprès de la direction régionale de l’agriculture et de l’alimentation, de la Région et de l’agence de l’eau Seine-Normandie.