Pierre-Emmanuel Barré est végétarien et sa mère est psychiatre, « mais ça a très peu de lien »

Pierre-Emmanuel © photo Eric Canto

1 à 0 pour l’humour. C’est comme ça que Pierre-Emmanuel Barré lance ses chroniques hebdomadaires sur France Inter, dans l’émission de Nagui La Bande Originale. Et quand il n’officie pas sur les ondes, l’humoriste trash et cynique sillonne la France avec son one-man-show. Il est à Rouen ce soir à l’occasion de l’inauguration du nouveau théâtre A l’Ouest. C’est complet mais voilà une petite interview quand même.

Ton nouveau spectacle s’appelle Nouveau Spectacle. Alors tu n’es plus un sale con (le nom de son show précédent) ?

Ah si, je continue quand même. Mais maintenant j’ai la chance que les gens commencent à le savoir, je n’ai plus trop besoin de le préciser. C’est plus facile. Et puis, à chaque fois que je donne un titre, je le regrette vingt minutes après, alors j’ai préféré quelque chose de plus classique.

Tu es Breton. Content de venir en Normandie quand même ?

Moins beau que la Bretagne mais on a réussi à vous piquer le cidre, donc on est contents quand même.

Les mots qui reviennent pour te décrire sont souvent les mêmes : trash, cynique, absurde, scato aussi. Ça te va ?

Relativement bien. Après, les gens choisissent. J’essaie de faire des trucs un peu variés pour ne pas être rangé dans une case : de l’absurde, de l’humour un peu con. Mais c’est vrai que ce que je réussis le mieux, c’est quand même quelque chose de grossier parce que j’aime ça. Une bonne blague de cul, surtout quand il y a du fond derrière, c’est toujours bon.

Concernant tes chroniques sur France Inter, est-ce qu’on te tient parfois – ou plutôt te retient le stylo ? 

Non. C’était pas toujours le cas avant, mais maintenant on me laisse plus tranquille. On est très protégés sur France Inter, et c’était le cas aussi sur Canal +. On a des problèmes, bien sûr, des retours d’auditeurs, de gens dont on parle dans les chroniques qui téléphonent. Mais nous ne sommes pas mis au courant, car ils ne veulent pas qu’on se censure. On a un standard, un service juridique spécial, on est contents, c’est eux qui décrochent pour nous.

Comment as-tu atterri sur France Inter ?

C’est Frédéric Lopez qui est venu voir mon spectacle quand il avait repris la tranche d’Isabelle Giordano, en 2012. Il m’a proposé un essai, une chronique sur Benjamin Biolay. Ça n’avait rien à voir avec la politique. Il m’avait pris à l’issue de la chronique pour faire des portraits. Rapidement ça a dérivé sur l’actualité parce que ca ne m’intéressait pas trop de faire des portraits de gens qui venaient vendre leur film.

J’ai lu que ton spectacle était interdit aux moins de 14 ans. C’est vrai ?

Oui, je préfère. Les gamins ne comprennent pas trop le cynisme. La guerre, c’est difficile d’en rire quand on a moins de 14 ans. Sinon, tout le monde passe un mauvais moment.

Tu as déjà été confronté à des réactions hostiles ou étranges ?

Dans l’ancien spectacle, j’avais tout un sketch sur la pédophilie avec 5 – 6 minutes de blagues trash. Une fois à Avignon, des parents sont rentrés en cachant leur enfant de 7 ans sous leur manteau. Et pendant tout le spectacle, le gosse faisait des petits bruits, des gémissements. Ça rendait tout super glauque. C’était horrible.

Sur Wikipedia, la bible, j’ai lu que tu es végétarien et que ta mère est psychiatre ? Il n’y a pas de lien ?

C’est la vérité mais non, il y a très peu de lien. Mais il y a aussi marqué que je collectionne les coquillages et que je fais des spectacles au Puy du Fou. Y’a écrit pas mal de conneries parce que les gens sont marrants et en rajoutent pas mal.

C’est ton vrai nom, Pierre-Emmanuel Barré ?

Oui, c’est moche, hein ? Ça fait un peu Pierre-Emmanuel De la Roche, ça fait un peu noble.

Sa dernière chronique sur France Inter