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Désaccord budgétaire
Coups de menton entre le maire d’Evreux et ses adjoints communistes

(fil-fax 06/01/10)
Le maire divers gauche d’Evreux, Michel Champredon, et les trois adjoints communistes, Thierry Desfresne, José Laheye et Laurence Chapelle, auxquels il a suspendu « provisoirement » les délégations pour défaut de « solidarité » lors d’un vote budgétaire, se sont rencontré lundi soir et devrait « faire le point dans deux ou trois jours » a indiqué mardi M. Champredon.
Provoquant un séisme dans le microcosme politique ébroïcien, le coup d’éclat du maire ne devrait pas remettre en cause la majorité municipale DVG, PC, PS, Verts, mais risque d’altérer sérieusement les relations entre le maire et le groupe communiste.
L’origine de l’affaire remonte à la dernière réunion du conseil communautaire de l’agglomération d’Evreux que préside M. Champredon au cours duquel il a souhaité faire adopter le principe d’une taxe additionnelle sur les ménages pour équilibrer le budget de la communauté. Or le groupe communiste a joint ses voix à une majorité des délégués des communes pour la rejeter, au prétexte que l’instauration d’une taxe pesant sur les ménages n’était pas prévue dans le contrat municipal de 2008.
« Je considère que le vote du budget et des recettes est le marqueur de la solidarité de gestion. Nous pouvons avoir des désaccords sur tel ou tel projet d’équipement. Mais là, la ligne jaune a été franchie », justifie Michel Champredon. Il explique que le contrat municipal ne prévoyait pas non plus  la suppression de la taxe professionnelle, ni, ajoute-t-il, que M. Nicolas (son prédécesseur UMP, ndlr) laisserait une ardoise de 1,3 M€ par an à compter de 2010 pour le règlement d’une emprunt différé contracté cinq ans auparavant ». A cela s’est ajoutée la perte de 1,3 autre million d’euros à la suite de la fermeture d’une entreprise, Feroxdure. Instituer une taxe additionnelle aurait représenté une charge supplémentaire de 15 à 18 € par foyer de la communauté.
« Je n’ai pas été avare avec de temps pour travailler sur ce sujet avec les adjoints en question » insiste encore M. Champredon qui a suspendu provisoirement les délégations des élus membres de l’exécutif municipal et d’agglomération, dans l’attente « d’éclaircissements ».
Chez les communistes, on indique évidemment « vivre très mal un acte grave » dit Thierry Desfresnes qui insiste sur la « loyauté » du groupe communiste. Au-delà de la sanction, la méthode et le calendrier imposé par le maire a choqué : « On a reçu le 26 décembre un courrier daté du 23 décembre », remarque M. Defresne. Pour sa part, M. Champredon rétorque que ses partenaires ne l’ont informé de leur position que 10 minutes avant le vote du conseil communautaire.
Côté PS dont est proche Michel Champredon malgré des désaccords antérieurs, on manifeste également son étonnement comme celui du socialiste Gérard Silighini , conseiller municipal, qui parle d’une « blessure douloureuse incompréhensible et inutile infligée à trois d’entre nous », et espère que ce ne sera plus « qu’une égratignure vite cicatrisée ».


Etienne Banzet

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