Conseil général de la Seine-Maritime (fil-fax 17/12/09)
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L’opposition accuse l’exécutif département de « mauvaise gestion »
Sans surprise, le budget primitif 2010 du Département de la Seine-Maritime a été adopté mardi par le conseil général que préside le socialiste Didier Marie. Il s’éleve à 1.660 853.040 € dont 526.588.822 € pour les dépenses d’investissement et 1.134.264 218 € pour les dépenses de fonctionnement. Il est en forte diminution par rapport au budget primitif de 2009 (- 9,1%) en raison du recul des investissements qui passent de 719 M€ à 526 M€. La section fonctionnement est en augmentation de 2,43%. Il n’y aura pas d’augmentation des taux de fiscalité.
Rarement, depuis que le Département est dirigé par la gauche, le débat budgétaire n’aura conduit à un débat aussi tranché sur les choix de l’exécutif. D’un côté, la présidence socialiste soutenue par les groupes communistes et Démocratie-et-Liberté (Dvg), a totalement assumé les redéploiements budgétaires. Le rapport soumis à l’assemblée départementale est très clair. « J’aurais souhaité pouvoir annoncer quelques bonnes nouvelles sur les recettes après les difficultés exprimées les années précédentes », regrette le président du conseil général en détaillant tout ce qu’il aurait été nécessaire : renforcer les missions essentielles de solidarité, reconstruire deux collèges supplémentaires, renforcer des routes, accentuer l’aide aux communes… Les budgets de fonctionnement affectés aux solidarités restent cependant en croissance : + 1% pour l’Aide Sociale à l’enfance, + 1.75% pour les personnes âgées, + 1% pour les personnes handicapées. Dans le domaine de l’action économique le département veut « jouer la carte de l’insertion ». Dès le 1er janvier 2010, le Département de Seine-Maritime étend le volet insertion de l’Aide Régionale à l’Emploi (ARE) au bénéfice des entreprises en création ou en reprise, en leur apportant une aide de 4.000 € pour chaque emploi créé dans ce cadre.
« Le Département recule dans son soutien aux habitants de Seine-Maritime et tape sur l’Etat pour masquer ses propres erreurs de gestion », a répliqué Pascal Martin, président du groupe Alternance-76 pour justifier son vote négatif. Il a dénoncé un « désengagement de la collectivité sur ses compétences naturelles, la baisse des dépenses d’investissement et la hausse inadmissible en temps de crise des dépenses de communication et des frais de fonctionnement général ». Il a chiffré à 37% « une baisse drastique » de crédits pour l’emploi et l’aménagement du territoire, de 17% pour l’égalité des droits une baisse, de 15% pour la qualité de vie une baisse. « Le Département cesse d’être le partenaire des communes », a notamment lancé Gérard Picard à la majorité.
« La droite a du toupet, elle qui est favorable à l’étranglement des départements », a répliqué Robert Foubert pour le groupe socialiste, rejoint par le vice-président communiste du conseil général, Sébastien Jumel, ironisant sur une droite qui « pleure avec la veuve et l’orphelin pour masquer ses propres turpitudes. L’asphyxie des collectivités va se poursuivre et l’abandon de la clause de compétence générale prévue par la réforme va empêcher une politique d’aménagement du territoire ».
Le président du conseil général a donc obtenu l’appui du groupe communiste pour des choix « imposés par la politique de la droite ». Leur président de groupe, Jean Louis Jegaden, a toutefois rappelé sa proposition de « sélectivité sociale » des critères d’intervention « pour ne pas infliger de double peine aux Seinomarins ».