Fichage génétique (fil-fax 08/12/09)
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300 € d’amende pour un refus de prélèvement ADN
Cadre d’entreprise, philosophe de formation, ancien dominicain, rédacteur en chef de la revue “Alternatives Non-Violentes“ (*), François Vaillant, par ailleurs militant du Mouvement pour une Alternative Non violente (MAN) et des Verts a été condamné lundi à une amende de 300€ par le tribunal correctionnel de Rouen. Il comparaissait pour avoir refusé un prélèvement par la police de son empreinte génétique ADN ordonné dans un cadre judiciaire. Le substitut du procureur, Auréliane Viscontini, dans ses réquisitions n’avait pas demandé de condamnation particulière s’en remettant à la sagesse du tribunal.
Condamné en 2007 à 1 € d’amende pour des actes de barbouillages de panneaux d’affichage commis dans le cadre des actions de désobéissance civile des “déboulonneurs“, groupe hostile à « l’invasion publicitaire », François Vaillant, 58 ans, avait été convoqué un an plus tard au commissariat pour une prise ADN liée à cette condamnation. Il avait alors refusé l’injonction. François Vaillant encourait 1 an de prison et 15.000 € d’amende. « Je suis déçu. Une relaxe était possible. L’appel n’est pas loin », a commenté à la sortie du tribunal le prévenu.
Farouche opposant à la mise en place du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG), le prévenu dit entrer « en désobéissance civile » contre l’existence d’un fichier dont il veut avant tout limiter la portée. « Il me semble utile et nécessaire de combattre l’existence actuelle du FNAEG. Autant j’en admets éventuellement l’existence pour les criminels, violeurs et auteurs d’actes de torture condamnés après un procès, autant ce fichier, tel qu’il est conçu actuellement, est dangereux pour la sécurité des citoyens. Je refuse que mon ADN soit fiché comme si j’étais un criminel, un violeur ou un auteur d’acte de torture », a-t-il déclaré à l’audience. Interrogé plus avant sur les raisons de son refus, le prévenu a dénoncé de nouveau cette « volonté idolâtre de vouloir tout connaître sur tout le monde » en s’appuyant l’histoire tragique de son grand-père. « Mon grand-père fut collaborateur adhérant très tôt à l’Action française. Il a dénoncé 5 personnes fichées en 1942. Deux ont été torturées, une exécutée à Lyon par la Gestapo et deux sont montées dans un train sans jamais revenir. Condamné à mort par contumace puis amnistié, je me souviens l’avoir vu beaucoup plus tard apostropher des étudiants vendeurs de journaux d’extrême droite en les suppliant de devenir Républicains. Je ne donnerai jamais mon ADN. Qu’est-ce qui peut nous garantir qu’un gouvernement du type Vichy ne reviendrait pas au pouvoir dans quelques années ? Quelle aubaine serait alors le FNAEG pour ce pouvoir pour discriminer telle ou telle population ! Les trains qui sont partis vers les camps de concentration renfermaient des personnes qui avaient été abusivement fichées », a encore revendiqué le prévenu.
(*) www.anv-irnc.org