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En attendant la clé du financement
Le chef de l’Etat veut aller vite pour une gare à La Défense et le TGV vers Le Havre

(fil-fax 01/07/09)
Le président de la République a à nouveau défendu son projet de faire du Havre le port du Grand Paris et manifesté son intention de « bousculer le calendrier » à l’occasion de sa visite mardi dans le quartier d’affaires de La Défense (Hauts-de-Seine) où pourrait être construite une nouvelle gare, notamment pour des TGV en provenance de Normandie.
Le chef de l’Etat a repris ses propos du 29 avril. Mais il a surtout insisté sur sa propre détermination à mener à bien et rapidement la connexion de La Défense avec le réseau “très grande vitesse“, regrettant d’avoir à inaugurer aujourd’hui « des TGV décidés il y a 25 ans ». Il a aussi réitéré son analyse sur l’axe Seine. « Vous connaissez des capitales qui peuvent fonctionner avec des façades maritimes sans avoir un port ?, a lancé le chef de l’Etat en ajoutant : « Pardon ! A quoi ça sert d’être au cœur de l’Europe si on ne termine pas le canal Seine – Nord, si on ne donne pas un port à Paris, si on ne fait pas la ligne à grande vitesse entre Le Havre et Paris ».
Devant le président de la République, le patron de la SNCF Guillaume Pépy, s’est interrogé sur la portée de l’annonce du 29 avril. « Ça a été un choc, personne ne s’attendait à ce qu’il y ait l’annonce d’un TGV entre Le Havre, Rouen, Cergy et qui converge vers La Défense », a confié M. Pépy confirmant ainsi que personne parmi les techniciens du ferroviaire et jusqu’au sein du gouvernement n’était au courant de la révélation présidentielle. Il l’a toutefois conçue comme « une super nouvelle parce que ça change complètement le sort des Normands qui se sentaient à l’écart du réseau à grande vitesse ».

“Trop tôt pour le dire“
Guillaume Pépy s’est aussi posé « une question fondamentale ». Est-ce que le tunnel ou le viaduc qui va être construit entre la Défense et Roissy pourrait être utilisé pour des trains à grande vitesse ce qui permettrait de relier La Défense à Lille, Bruxelles et Londres ? A sa propre question, le président de la SNCF a répondu : « Franchement c’est trop tôt pour le dire ». Il a assuré que la SNCF allait « regarder ».
Le président de la République a donc renouvelé ses idées sur le Grand Paris sans apporter de solutions précises sur le financement de l’ensemble qui est confié à une mission ad-hoc. Il a suggéré que la richesse qui se créera autour des gares servent à payer les infrastructures. « Vous savez bien que lorsque vous commercialisez des logements ou des commerces, la présence d’une gare est un élément décisif » a lancé le chef de l’Etat à son auditoire. Les collectivités de Haute-Normandie, promoteurs d’une nouvelle gare au centre ville de Rouen – Rive gauche, auront bien noté ces propos alors qu’elles attendent une décision de l’Etat.
On remarquera que le propos présidentiel n’aborde jamais les besoins d’infrastructures terrestres (fleuve, fer, route) pour la desserte fret de l’hinterland des ports de Rouen et du Havre qui reste la fonction première d’un port maritime.

Etienne Banzet

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