Si l’Etat donne son feu vert (fil-fax 26/06/09) Un déroulé cohérent 40 ha disponibles
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La Région et les collectivités promettent une nouvelle gare à Rouen d’ici 2020
La mise en service d’une nouvelle gare ferroviaire à Rouen sur la rive gauche de la Seine avec un embranchement direct en tunnel sous la Seine vers Le Havre pourrait être effective à l’horizon 2016 – 2020, ont assuré jeudi Alain Le Vern président du conseil régional de Haute-Normandie et Pierre Bourguignon, président du SCOT (*) Rouen – Elbeuf à l’occasion d’une présentation de ce projet à la presse.
Ce chantier d’un coût estimé de 1 milliards d’euros s’inscrit dans le programme plus large de modernisation des liaisons ferroviaires normandes. Paris, Rouen et Le Havre verraient leur temps trajet ramenés respectivement à 50 minutes et 1h30 au lieu de 1h10 et 2 heures. Il permettrait d’offrir en plein centre ville une gare moderne pouvant traiter quelque 80 trains par heure alors que la gare de Rouen Rive-Droite totalement saturée ne peut en traiter que 30.
Deux autres chantiers lourds devront être menés à bien : le doublement de la ligne sur 25 km entre Paris et Mantes-la-Jolie et la réalisation de tronçons nouveaux sur la ligne Mantes – Evreux – Caen selon l’engagement pris en mars dernier par le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, devant les élus de Basse-Normandie. Les deux régions de Normandie espèrent maintenant une inscription au SNIT (Schéma national des infrastructures de transport) qui sera arrêté par le gouvernement à l’automne prochain.
L’irruption d’un TGV entre Paris et Le Havre dans le schéma général du Grand-Paris présenté par le président de la République a quelque peu bouleversé la donne en faisant émerger l’idée d’une ligne nouvelle avec une gare au nord de Rouen pour desservir la capitale régionale. L’hypothèse a même été défendue par le maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht. Pour la Région de Haute-Normandie et le SCOT Rouen-Elbeuf qui se sont vu confier le pilotage du projet de nouvelle gare par ses partenaires (Etat, RFF, SNCF, collectivités), le risque est grand que les annonces présidentielles ne deviennent un obstacle.
« Nous sommes sur un déroulé cohérent qui remonte à une dizaine d’années qui a demandé plusieurs centaines d’heures de travail et a reçu l’approbation de toutes les collectivités », martèle M. Le Vern. Avec l’appui de l’Etat, de la SNCF et de RFF, des réunions d’information ont été organisées pour les habitats des quartiers concernés à Rouen et pour les acteurs socio-économiques. « Nous préparons la saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) », ajoute M. Le Vern. Pierre Bourguignon qui est député et maire de Sotteville les Rouen insiste sur un « projet de gare qui n’est pas seulement un lieu de départ et d’arrivée de trains, mais un lieu économique qui ne se fera qu’avec le financement des acteurs de l’agglomération rouennaise. Le choix n’a pas été fait “au doigt mouillé“. Les calculs ont été faits » dit M. Bourguignon.
Le milliard d’€uros nécessaire n’effraie pas les promoteurs du projet. « On a financé d’autres infrastructures », répond M. Le Vern an citant la participation des collectivités à des chantiers comme l’A28, le tunnel sous la Grand-Mare à Rouen, les soutiens aux ports de Rouen et du Havre… qui se chiffrent par centaines de millions d’euros. « Nous, on ne fait pas de l’art sur une carte de géographie, ajoute M. Le Vern en référence aux thèmes du Grand-Paris. On répond à des problématiques socio-économiques et humaines de gens qui ont besoin de se déplacer ».
A Rouen même, 40 ha de l’ancienne gare de Saint-Sever, voies désaffectées et hangars en friche sont d’ores et déjà réservés. La plus grande partie est la propriété de RFF et de la SNCF qui les louent pour le stockage ou des parkings. L’agglomération de Rouen prévoit de faire de ce quartier en vis-à-vis de l’hôtel du département, un quartier d’activités tertiaires et de logement. Le tunnel sous-fluvial s’enfoncerait sous la rive gauche de Rouen pour ressortir à hauteur de Maromme et rejoindre la ligne actuelle en direction du Havre. La ligne ancienne et la vénérable gare Rive-Droite continuerait à servir pour une desserte d’agglomération.
Etienne Banzet
(*) Schéma de cohérence territoriale