Souffrance psychique (fil-fax 20/06/09) Pluridisciplinaire Juridique
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Depuis 10 ans, la Maison de l’Adolescent du Havre reçoit
plus de 1.300 visites spontanées chaque année
Pionnière en France, la Maison de l’adolescent du Havre fête ses dix ans. Cette structure animée par une équipe pluridisciplinaire reçoit plus de 1 300 adolescents en souffrance psychique par an, a ouvert une unité d’hospitalisation à temps plein et élargit peu à peu ses services à l’accueil des parents d’adolescents et aux consultations juridiques.
Ils ont de 12 à 20 ans, souffrent essentiellement de relations intrafamiliales difficiles et de problèmes d’intégration scolaire. Venus spontanément pour un tiers d’entre eux, ils sont accueillis, sept jours sur sept, douze heures par jour, et peuvent rencontrer une équipe pluridisciplinaire (infirmiers, éducateurs spécialisés, pédiatres, gynécologues, psychologues, psychiatres, médecin nutritionniste, assistantes sociales…). 50 % d’entre eux sont suivis entre neuf et douze mois.
600 était le chiffre annuel estimé en mai 1999, lors de l’ouverture de la Maison de l’Adolescent (MDA) du Groupe hospitalier du Havre qui voulait répondre à la carence de structures de soins pédopsychiatriques. Le taux de tentatives de suicide (TS) s’avérait particulièrement élevé par rapport à la moyenne nationale ainsi que le nombre d’adolescentes enceintes de moins de 18 ans accueillies à l’hôpital. En 2008, ils étaient 1.323 à avoir franchi la porte de la structure. Un succès qui s’explique parce que «le jeune est pris en charge dans sa globalité par une équipe pluridisciplinaire et dans un lieu neutre, ouvert et accessible qui travaille en réseau avec de nombreux partenaires», note Alain Fuseau, responsable de la MDA du Havre.
La hausse régulière de la fréquentation montre que le concept apporte une réponse adaptée à la demande. Et, sans établir un lien direct de cause à effet, la MDA rappelle que le chiffre annuel des TS est en décroissance régulière, passant de près de 100 à quelque 70 aujourd’hui. Depuis, une cinquantaine de MDA se sont créées en France. Reste que la structure qui bénéficie d’un budget annuel d’1 M€ a évolué. «La demande sociale a été sous-évaluée», reconnaît Alain Fuseau. La présence d’assistantes sociales a donc été renforcée (aidée par la dotation annuelle du Conseil général de Seine-Maritime, à hauteur de 20.000 €), et la dimension ethno-psychiatrique a également été prise en compte, avec l’intervention d’un ethnopsychologue.
Autre évolution, l’accueil depuis 2005, dans un lieu distinct, des parents d’adolescents, suivis ou non par la MDA. «Cet accueil n’est pas à visée thérapeutique mais apporte un soutien à la fonction parentale.» 200 familles ont été ainsi accueillies en 2008 et des conférences/débats sont également tenues. Plus récemment, des consultations juridiques gratuites sont proposées chaque mois par trois avocats, «point d’accès au droit», suite à la signature d’une convention avec le Barreau du Havre. Enfin, face à une modification de la symptomatologie des adolescents –développement des comportements d’opposition et de violence, précocité des décompensations psychotiques, virages addictifs…-, le suivi ambulatoire s’est avéré insuffisant : une unité d’hospitalisation à temps plein pour adolescents (Equinoxe) créée fin 2007, offre une dizaine de lits. 54 jeunes ont été accueillis en 2008 et 35 depuis le début de l’année. Reste à concrétiser un autre projet : un hôpital de jour pour adolescents.