Avec des marges de manœuvre financières limitées (fil-fax 18/06/09) (*) Rouen a un taux de taxe d’habitation de 19.99% et de taxe foncière de 21.01%. La moyenne pour 2009 des grandes villes est de 21,33% pour la taxe d’habitation et de 24,24% pour la taxe foncière (source Association des maires des grandes villes de France). (**) Signé par la précédente municipalité avec le groupe Vinci pour une période de 20 ans, ce PPP représente un engagement total de plus de 100 M€ pour la ville de Rouen
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Le PPI de la ville de Rouen va privilégier les investissements de proximité
Le maire de Rouen présentera le 3 juillet au conseil municipal le PPI (Plan pluriannuel d’investissements) pour la période 2010 – 2014 qui s’élèvera à 205 M€, un montant volontairement modeste, a défendu Valérie Fourneyron, mercredi devant la presse. Les grandes lignes ont été présentées en présence des présidents des trois groupes de la majorité municipale (PS, Verts, PC et Citoyens), Mme Fourneyron soulignant que ce PPI est « le fruit d’un travail collectif et responsable ».
Bien que soutenue par les collectivités (Région, département) et la communauté d’agglomération, la ville devra en passer par une augmentation des taux d’imposition de 8 % prévue au budget 2010, ce qui permettra de dégager une marge de manœuvre de 6 M€ supplémentaires par an. Selon Mme Fourneyron, les taxes locales de la ville de Rouen se situeront dans la moyenne des grandes villes françaises (*).
Aucun projet « emblématique » a donc assumé Mme Fourneyron. « Je préfère annoncer 205 M€ réalistes, techniquement et financièrement, plutôt que d’afficher 420 M€ qui à l’arrivée ne sont pas réalisés » a-t-elle indiqué d’entrée en référence au PPI de la précédente municipalité de Pierre Albertini. Dans ce PPI 2010 – 2014, on retrouve les dépenses récurrentes (voirie, propreté, entretien des bâtiments…) pour 82 M€, le Partenariat Public Privé (PPP) d’éclairage public et signalisation routière pour 24 M€ (**), et les “grands projets“ pour 99 M€. Un tiers de ces projets ont été inscrits dans le Contrat d’agglomération et seront subventionnés à hauteur de 24 M€.
Dans le chapitre Grands Projets, le poste le plus important concerne le Grand projet de ville (17,5 M€), puis la restauration du patrimoine (10 M€), l’amélioration des espaces urbains, places et rues (7 M€), l’aménagement du nouveau quartier ouest de la Luciline (6,5 M€), l’aménagement des quais bas Rive Gauche (6 M€), la programmation de 100 places de crèche (5 M€), la création d’une Maison de l’étudiant – bibliothèque dans un hangar portuaire réhabilité (5 M€), d’une école (5 M€)…
A ces projets, s’ajoute une série d’opérations plus modestes en terme financiers mais qui sont l’illustration d’une volonté de « proximité des habitants et de solidarité forte » comme la mise à niveau des cantines en vue de la reprise en gestion directe (aujourd’hui DSP au groupe Avenance), la mise en valeur des milieux naturels, plan d’économie d’énergie dans les bâtiments… Mme Fourneyron défend l’inscription au PPI des dépenses dites “récurrentes“ comme le « choix de répondre mieux aux attentes de tous les habitants ». « Est-ce qu’il faut un projet emblématique qui plombe la ville , s’interroge Christine Rambaud, présidente du groupe PS. Il est préférable d’avoir des voiries en état, un plateau piétonnier qui ressemble à quelque chose plutôt qu’un projet d’architecte qui pousse son cri pour apparaître dans les revues spécialisées ».
Même tonalité du côté des Verts dont le président de groupe Cyrille Moreau préfère parler d’une « addition de projets qui vont changer la ville au quotidien plutôt que de projets à 40 ou 50 M€ qui assèchent les finances publiques ».
La question a toutefois fait l’objet de sérieuses discussions au sein de la majorité qui s’est vue contrainte de mettre entre parenthèses des projets d’ampleur en raison d’une situation financière tendue. Ont été abandonnés notamment les projets d’équipements sportifs sur l’île Lacroix (stade en eau vive) et sur la rive gauche. Le groupe des Verts demandaient instamment leur retrait ou report. La socialiste Christine Rambaud a convenu « qu’il n’aurait pas été sérieux dans la situation actuelle de lancer ce projet ».
L’augmentation des taux d’imposition ont aussi provoqué un débat, particulièrement entre les communistes qui demandaient “moins“ alors que les Verts auraient accepté un accroissement plus conséquent. « 8%, c’est beaucoup, remarque Hélène Klein (PC). La contrepartie c’est ce que l’on va offrir à la population ».