Avec une Seine “axe nourricier“ (fil-fax 02//05/09) Dicté par la géographie Rive droite de la Seine
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Le Havre, “porte océane“ de Paris, séduit le chef de l’Etat
A l’occasion de la présentation publique de ses idées sur Paris, sa banlieue et l’Ile de France, le président de la République a indiqué que Le Havre devra devenir « le port du Grand Paris » et la Seine « l’axe nourricier » autour duquel la métropole parisienne « a vocation à d’ordonner ».
En y ajoutant que la « grande vitesse mettra Le Havre à une heure de Paris », la parole présidentielle a particulièrement comblé le maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht. « Je me réjouis fortement de la décision du Chef de l’Etat d’amener Le Havre à une heure de Paris, a commenté M. Rufenacht. Sur le plan du développement économique et de l’emploi, elle permettra à la cité océane de franchir un nouveau cap, après le Pont de Normandie, le classement de la Ville au patrimoine mondial par l’UNESCO, Port 2000 et les importants chantiers d’urbanisme que nous avons menés depuis 1995. »
Concernant plus particulièrement la vision portuaire du chef de l’Etat, Antoine Rufenacht s’est félicité d’une « décision historique de doter la capitale d’une façade maritime. Ce choix marque le retour de la France parmi les grandes puissances maritimes et l’inscrit durablement dans les grands courants d’échanges mondiaux. »
A Rouen, Valérie Fourneyron (PS) a indiqué qu’elle «n’avait attendu les déclarations du président de la République pour rencontrer le maire de Paris et du Havre et évoquer avec eux les propositions d’Antoine Grumbach ». « Je veux rappeler des réalités incontournables, a-elle expliqué. Que Rouen est le 2ème bassin économique et démographique de l’axe Seine avec 700.000 habitants, que le port de Rouen est le port maritime avec l’hinterland le plus peuplé à 200 km et port naturel de Paris, et qu’il y a deux projets majeurs pour l’amélioration des conditions de transport : la desserte ferroviaire et la construction de la nouvelle gare à Rouen ».
Le dessein du Président de la République reprend l’option présentée par Antoine Grumbach qui conduisait l’une des dix équipes d’architectes – urbanistes qui ont planché sur leur vision du Grand Paris. Antoine Grumbach s’est démarqué de ses confrères en proposant un projet métropolitain dont l’axe serait la Seine. S’il a picoré dans chacun des projets (urbanisme, architecture, transports, culture, loisirs…) pour meubler le sien sur l’espace parisien et francilien, le chef de l’Etat a été sensible à l’analyse de l’équipe Grumbach sur le rôle déterminant d’une interface maritime pour toute métropole de taille mondiale.
« L’axe principal du développement économique européen, de Londres à Milan, prend la France en écharpe par l’Est. Si nous laissons aller les choses le risque est de voir Paris décrocher et nos deux grands ports Le Havre et Marseille péricliter de façon irrémédiable » a déclaré le président de la République pour qui il faut « faire le choix stratégique que nous dicte la géographie : Le Havre, c’est le port du Grand Paris et la Seine est l’axe nourricier autour duquel la métropole a vocation à s’ordonner. »
On retiendra qu’il y associe trois ouvrages majeurs : le canal Seine - Nord Europe qui va désenclaver le bassin de la Seine dès 2015, la grande vitesse sur l’axe le Havre - Paris qui mettra Le Havre à une heure de Paris et le développement d’un grand port de transformation à Achères à l’embranchement du réseau fluvial Nord Europe et de la Seine. « Pour tirer le centre de gravité de l’économie ouest européenne vers le Sud, nous voilà obligés de penser le développement de la métropole du Grand Paris sur la grande échelle de la vallée de la Seine jusqu’à la mer et d’inverser les flux d’échanges vers l’Europe du Nord ».
Le président de la République n’a pas apporté plus de détails sur la grande vitesse entre Paris et Le Havre, ni indiqué comment et par quel moyen, elle serait réalisée et financée.
Comme l’a relevé M. Rufenacht après l’intervention présidentielle, le travail d’Antoine Grumbach a donc « permis à toutes les imaginations de s’exprimer ». Il ne se résume évidemment pas à la construction d’une ligne à grande vitesse mais elle y joue un rôle majeur. Ce projet n’est pas nouveau. Il avait été lancé en 1988 mais retoqué par la SNCF pour qui la grande vitesse ne convient pas à un trajet aussi court avec un coût de réalisation et d’exploitation trop élevé par rapport au potentiel de passagers. Les seuls exemples de grande vitesse sur des courtes distances sont des dessertes d’aéroport avec une densité de trafic élevé.
Au départ de Nanterre – La Défense, le TGV rejoindrait Rouen puis Le Havre par la rive droite de la Seine. On remarquera que la proposition d’Antoine Grumbach exclut Caen et la Basse-Normandie ce qui n’avait pas été le cas dans le projet de 1988. Rappelons que le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, vient d’annoncer un programme de 4 Md€ pour la modernisation des lignes normandes et le doublement de la section Mantes-la-Jolie – Nanterre.
Le calendrier fixé par le chef de l’Etat pour aboutir au futur Grand Paris est resserré. Il veut un début des travaux à partir de 2012 pour les transports en Ile de France.