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20 km de lignes nouvelles entre Mantes et Nanterre
Les collectivités normandes exigent « du concret, très vite »

(fil-fax 08/04/09)
Le secrétaire d’Etat chargé des transports, Dominique Bussereau, a indiqué lundi à Caen la réalisation d’ici à 2020 d’une vingtaine de kilomètres d’une ligne ferroviaire nouvelle entre Mantes-la-Jolie et Nanterre qui permettra de désengorger l’axe de la vallée de la Seine du Mantois jusqu’à la gare Saint-Lazare. Annoncé à Caen à l’occasion d’une rencontre de travail avec les élus des collectivités de Basse-Normandie, ce projet concernera l’ensemble des lignes entre l’Ile de France et la Normandie, que ce soit vers Evreux, Caen et Cherbourg ou vers Rouen et Le Havre.
« Il faut maintenant concrétiser, contractualiser très vite ces projets pour que les usagers se rendent compte des avancées » a commenté le président de la Région de Basse-Normandie, Laurent Beauvais (PS) en réitérant “l’offre“ du conseil régional de tripler sa participation sur le volet des infrastructures ferroviaires du contrat de projet Etat-Région (2007 – 2013) en la portant à 750 M€.
A Rouen, où il recevait mardi le président de la SNCF, Guillaume Pépy, le président de la région Haute-Normandie s’est également félicité de ces annonces. « La persévérance de la Région est en passe d’aboutir », a commenté Alain Le Vern qui attend une visite du secrétaire d’Etat à Rouen « afin de préciser les engagements du gouvernement ». Devant les élus bas-normands, le secrétaire d’Etat aux transports a cependant expliqué qu’il faudra élaborer un plan de financement du type “partenariat public-privé“.
Vu depuis la Basse-Normandie, le projet a été évalué à 4 milliards d’euros au total. Il comprendrait non seulement la construction d’une ligne nouvelle entre Mantes et Nanterre mais aussi la suppression des méandres de la ligne dans sa traversée de l’Eure entre Evreux et Bernay, et le doublement intégral de la ligne Paris – Granville. Lorsque l’ensemble de ces chantiers seront réalisés, le temps de trajet entre Caen et Paris sera ramené de 1h53 pour les meilleurs trains à 1h30. Cherbourg et Granville seront chacune à 2h30 de la Capitale.
Il convient cependant de rappeler que l’annonce de Dominique Bussereau s’inscrit dans la longue série des projets de modernisation de la desserte de la Normandie depuis Paris. En 1988, Laurent Fabius qui venait d’accéder à la présidence de l’Assemblée nationale avait lancé le projet d’un TGV-Normandie que la SNCF n’a jamais défendu. Par la suite, la partie francilienne du projet (ligne Mantes – Nanterre) présenté par M. Bussereau à Caen, a fait l’objet de deux études approfondie. La première réalisée en 1992 par le cabinet Sato-Essig pour le compte des régions de Haute-Normandie, de Basse-Normandie et d’Ile de France devait se raccorder à une liaison directe vers Roissy depuis une nouvelle gare à construire à La Défense et une ligne nouvelle en souterrain contournant Paris vers le nord. La seconde était une proposition imaginée en 2000 par le président de RFF (Réseau Ferré de France) Claude Martinand, d’utiliser le raccordement direct de La Défense à Roissy par le RER-E (Eole prolongé) puis la ligne à créer CDG-Express.
RFF fait toujours figurer le tronçon Mantes – Achères parmi ses projets de lignes nouvelles. Son coût est évalué coût à 535 M€ (2007). Les interrogations des collectivités normandes et l’insistance de M. Beauvais pour « contractualiser très vite » s’expliquent par les désillusions. Rappelons que les contrats de projet Etat – Région en cours (Normandie et Ile de France) comprennent une ligne “Mantes - Paris : investissements de capacité“ d’un montant de 320 M€. La région de Haute-Normandie attend toujours que sa part (32 M€) soit appelée par le maître d’ouvrage, RFF. En Basse-Normandie, Laurent Beauvais a répété qu’il restera « vigilant sur les avancées pour que  le plan ferroviaire pour la Basse-Normandie devienne réalité » et qu’il continuera « à être mobilisé sur le calendrier et sur la juste répartition des financements entre l’Etat et les collectivités locales ».


Etienne Banzet

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