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Arrêt de la R&D et incertitude sur la stratégie du groupe
La suppression de 800 emplois fait craindre un affaiblissement
fatal au site Glaxo d’Evreux

(fil-fax 06/02/09)
Quelque huit cents salariés du laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline d’Evreux se sont rassemblés jeudi matin devant les portes de leur entreprise au lendemain de l’annonce d’un projet de 800 suppressions d’emploi réparties sur 3 ans, sur les deux mille actuellement sur le site. Une large majorité du personnel du poste du matin ont observé l’appel à un arrêt de travail de deux heures lancé par les syndicats, la CFE-CGC, la CGT, la CFDT et FO. Des élus des collectivités étaient présents dont le maire divers gauche d’Evreux, Michel Champredon, le président socialiste du conseil général de l’Eure, Jean Louis Destans.
C’est un mélange de colère et de détermination qui planait sur cette manifestation qui s’est déroulée dans le calme, traduisant un profond attachement de ces salariés à leur entreprise. « Nous avons tout fait pour être au top. Depuis 40 ans, tous les gens sont au rendez-vous. Ils ont bâti le site. Et maintenant on les renvoie avec un coup de pied au c… », résume sans hausser la voix Eric Dorget, élu CFE-CGC au comité central d’entreprise. Comme son collègue de la CGT, Fabien Corbier, il avait perçu les prémices d’un plan de réduction d’effectifs dans les différents projets présentés depuis un an par leur direction. « On savait qu’il allait se passer quelque chose, mais pas de cette ampleur. C’est terrible pour une société qui des fait des milliards de livre de chiffre d’affaires et des bénéfices colossaux, incompréhensible », ne peut que constater pour l’instant l’élu de la CGT. Les raisons invoquées par la direction du groupe devant le CCE ne tiennent par à la crise économique mais à la réorganisation et aux mutations de l’industrie pharmaceutique à l’échelle mondiale. « Préservez nos emplois ! De l’argent, il y en a dans les poches de GSK », lançaient jeudi matin des salariées de l’usine d’Evreux en écho aux propos du secrétaire CGC du CE, Guislain Lebrun, qui fustigeait une direction refusant de communiquer le montant des bénéfices de GSK.
L’établissement ébroïcien spécialisé dans les médicaments pour maladies respiratoires (aérosols, poudres à inhaler et comprimés effervescents) dont 85% sont destinés à l’exportation, n’était pas seulement dédié à la production mais aussi un site de recherche avec un département recherche et développement qui employait une centaine de personnes, chercheurs de très haut niveau. Depuis cinq mois au ralenti, il était déjà prévu que le laboratoire fermerait ses portes en juin. Avec la suppression de 700 postes de production sur 1.652, l’horizon s’assombrit un peu plus. « Nous voyons se profiler vers 2012 un manque crucial de projets et de nouvelles molécules pour le site d’Evreux, redoute Eric Dorget. On a un pied dans la tombe ». Glaxo Evreux risque de perdre de sa substance et de « s’appauvrir » alors qu’il offrait une « expertise, un savoir-faire, des technologies de pointe qui attirent des entreprises connexes », poursuit l’élu CGC qui redoute un effet domino sur des petits laboratoires qui font la richesse du département de l’Eure. La stratégie du groupe qui a déjà cédé les sites d’Hérouville-Saint-Clair (Calvados), ramené de 415 à 250 l’effectif de l’usine de Mayenne (Mayenne), fermé avec 290 emplois celui d’Heppignies ((Belgique), fait craindre des jours difficiles pour les 800 salariés du site de Notre-Dame de Bondeville. Pour l’instant, on n’y prévoit que des non reconductions d’emplois précaires, mais le mot « sursis» revient dans la bouche des salariés de Glaxo, permis par un manque conjoncturel d’héparine au niveau mondial. « Nous serons très vigilants pour les années 2010 – 2011 », précisent les syndicats.
Le prochain rendez-vous pour les salariés est fixé aux 10 et 11 février pour un CCE. « la direction veut aller vite. Pour la CGT il est trop tôt pour négocier », prévient Fabien Corbier. Pour Eric Dorget, il faudra que le plan soit différent de ce qui nous est proposé : « Ce sera le salarié avant tout, l’emploi à Evreux et la pérennité du site ».

Etienne Banzet

Un “coup au moral très dur“

« Glaxo, c’est un fleuron de l’industrie locale et départementale. Lorsque ce fleuron est touché, c’est dramatique pour les familles, pour l’économie locale, et un coup au moral très dur pour les acteurs locaux », commente Michel Champredon, maire (DVG) d’Evreux qui s’est dit décidé à « ne pas rester l’arme au pied ». Dès cette annonce, il a demandé la mise en place d’une cellule de crise avec les présidents du Conseil général de l’Eure, de la Région Haute Normandie, le Préfet de l’Eure, le Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Bruno Le Maire (UMP), élu municipal d’Evreux. La première réunion aura lieu lundi 9 février. La cellule sera ensuite ouverte aux représentants de l’entreprise, direction et syndicats, et aux partenaires de l’emploi à Evreux. Au-delà de la solidarité qu’il a exprimé sur place, le maire d’Evreux craint pour la « substance » de la ville, le départ de la recherche – développement « pénalisant un peu plus le territoire en terme de richesse, de valeur ajoutée ». Pour l’agglomération qu’il préside, l’affaiblissement de Glaxo ne sera pas neutre. Aujourd’hui, l’établissement pèse pour 30% dans les recettes de taxe professionnelle de la communauté. 


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