A l’exception des Verts (fil-fax 31/01/09) L’union a été totale Décision cynique et dangereuse Etienne Banzet
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L’annonce de la construction d’un réacteur EPR à Penly unanimement saluée en Haute-Normandie
Le deuxième réacteur nucléaire de type EPR (European Pressurised water reactor) construit en France sera implanté sur le site EDF de Penly où fonctionnent déjà deux tranches de 1.300 MgW mais qui a été conçu pour pouvoir en accueillir à terme quatre, a annoncé jeudi soir la présidence de la République. Dans l’hexagone, le premier réacteur est en cours de construction à Flamanville (Manche) ce qui va conforter la Normandie dans son rang de région majeure de la production d’électricité. La Finlande construit le sien et des commandes ont été passées en Chine (lire page 2)
L’EPR de Penly va également innover puisque EDF ne sera plus le seul opérateur, mais se verra associé dans ce projet le groupe Suez-GDF ainsi que des investisseurs « dans le cadre de partenariats équilibrés », indique EDF qui salue une « excellente nouvelle pour l’entreprise ». Le PDG de l’entreprise, Pierre Gadonneix a estimé que « ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le Groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2, notamment nucléaires. » EDF assure qu’elle « s’attachera, bien sûr, à s’inscrire scrupuleusement dans le respect de toutes les procédures de concertation, avant le lancement de la construction en 2012 ». La construction d’un réacteur EPR représente à ce jour un investissement de l’ordre de 3,5 Md€.
Tout aussi enthousiastes sont les réactions des élus politiques locaux et nationaux ainsi que des acteurs économiques locaux, toute tendances confondues, à l’exception prévisible des Verts.
Pour le maire communiste de Dieppe, vice-président du conseil général de la Seine-Maritime, « il s’agit d’une véritable bouffée d’oxygène pour Dieppe et sa région qui souffre de la crise de l’automobile, une décision majeure d’aménagement du territoire ». Même tonalité chez le chef de file de la droite à Dieppe, le conseiller municipal et conseiller régional UMP Jean Bazin, qui voit « à terme, l’assurance de plusieurs centaines d’emplois directs et indirects ».
« On a raté le 1er EPR (qui est allé à Flamanville, ndlr), parce que les socialistes n’étaient pas très chauds, commente M. Jumel qui se réjouit que « cette fois, l’union a été totale » et se félicite que le maire UMP du Havre Antoine Rufenacht, « ait joué le rôle de poisson-pilote dans ce dossier ». La députée socialiste et conseillère générale, Sandrine Hurel, cette décision est le fruit d’une « forte anticipation » par les collectivités de décisions d’aménagement comme l’équipement du port de Dieppe, la proposition de la région de préfinancer l’achèvement de la RN27, la création de formations en maintenance nucléaire. Mme Hurel se félicite que EDF soit le maître d’ouvrage. On notera également l’exigence unanime que les emplois bénéficient aux habitants de la région.
Le député au Parlement européen, Jean-Paul Gauzès, président du groupe UPN-UMP au conseil régional et maire de Sainte-Agathe d’Aliermont, proche de Penly, trouve la nouvelle excellente pour la Normandie « qui va devenir ainsi la plus grosse région de production diversifiée et de transformation d’énergie en Europe » avec le pétrole et les énergies renouvelables (éolien, solaire). Il demande que la Région « prenne l’initiative de constituer une filière énergie-développement durable alliant production, transformation, maintenance, recherche et formation ».
Pour Bruno Le Maire, conseiller municipal UMP d’Evreux, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, « ce projet est une opportunité historique pour le développement économique et des emplois en Haute-Normandie ».
Plus réservé, le président PS de la région Haute-Normandie, Alain Le Vern, prend acte que «dès lors que l’Etat a pris la décision de construire un nouvel EPR, ce qui sur le fond reste sujet à discussion, le site de Penly est de loin le plus approprié» en raison « d’un savoir-faire reconnu». M. Le Vern estime que le développement des énergies renouvelables est « une priorité » et demande au gouvernement et au préfet « de passer de la parole aux actes et de valider sans attendre les permis de construire déposés depuis plus de deux ans pour la construction d’éoliennes sur le territoire haut-normand ».
Chez les Verts, Hélène Flautre, députée européenne Verte et tête de liste Europe-écologie dans le Nord-Ouest pour les élections européennes du 7 juin 2009, parle d’une « décision cynique et dangereuse (…) sans aucun débat préalable, dans la grande tradition du nucléaire français (…) alors que le premier EPR, qui se construit en Finlande, n’en finit plus d’accumuler les retards, à tel point que les finlandais réclament 2,4 Md€ de dédommagement, que le premier EPR français, en cours de construction à Flamanville dans la Manche, explose déjà le budget prévisionnel ». Elle considère que le président de la République « s’assoit sur le Grenelle de l’environnement mais également sur le paquet énergie-climat qu’il se targue d’avoir fait adopter sous sa présidence, au niveau européen, en décembre dernier ».