Le canal Seine-Nord devient une “chance“ (fil-fax 16/01/09) Etienne Banzet
AVERTISSEMENT © Toutes les informations contenues dans cette dépêche sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'ANI. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'ANI
Le port de Rouen se voit pivot de l’axe Seine, entre Paris et Le Havre
Avec un trafic 2008 en progression de 2% à 22,6 Mt, le port de Rouen aborde le nouvel exercice avec l’ambition de renforcer sa position centrale sur l’axe Seine. Le nouveau directeur général, Philippe Deiss, qui présentait jeudi à Paris un bilan qu’il doit naturellement à son prédécesseur, Martine Bonny, a d’emblée orienté son propos vers le prochain projet stratégique du Grand port maritime de Rouen. Le document sera présenté au futur conseil de surveillance dès sa première réunion. Philippe Deiss a seulement révélé son articulation autour de « trois fondamentaux » : développement général de l’activité économique, aménagement et développement des espaces, performance de la structure.
Si ces trois pistes restent très générales, les indices d’une volonté de faire de Rouen le pivot du développement de l’activité fluviale sont nombreux. En tout premier lieu, la communauté portuaire rouennaise a totalement changé son discours sur le canal Seine-Nord Europe. Ce qui était considéré comme un danger pour les ports de la Basse Seine, devient « un défi et une chance ». Les entreprises portuaires qui étaient “vent debout“ contre un projet qu’ils redoutaient comme un aspirateur à trafics pour les ports du Bénélux, estiment que maintenant que « c’est parti, ce serait suicidaire de ne pas être présent », explique Walter Schoch, directeur de Westerlund, principal opérateur de produits papetiers à Rouen. « Seine-Nord Europe est une chance, si nous savons, d’une part drainer certains vracs comme par exemple, les céréales de Picardie, et d’autre part, si nous savons proposer sur l’axe Seine des espaces logistiques permettant à terme de fixer la marchandise, donc l’emploi et la valeur ajoutée », analyse Philippe Deiss.
Le patron du port de Rouen est convaincu que la dimension “Région Capitale“ que le gouvernement veut donner à l’Ile-de-France sera un atout supplémentaire. « Rouen est dès à présent l’approvisionneur maritime de la capitale. Nous sommes le port maritime de Paris », martèle Philippe Deiss qui lâche : « Un grand Paris, un grand Rouen, un grand Le Havre, la perspective, enfin, d’un vrai et grand corridor maritime et fluvial européen axé Ouest-Est entre Le Havre, Rouen et Seine-Nord. Voyons grand ! »
Côté aval, les perspectives sont celles d’une forte convergence avec Le Havre. Côté amont, l’ambition est aussi territoriale. Le port maritime dont les limites administratives s’arrêtent au pont Jeanne-d’Arc a entrepris une négociation avec VNF (Voies navigables de France) qui est l’autorité au-delà vers Paris, pour reprendre la gestion du fleuve jusqu’au barrage de Poses. Il pourrait ainsi envisager des projets de développement sur les terminaux fluviaux existants ou à créer (Sotteville-les-Rouen, Bonsecours, agglomération d’Elbeuf et Seine-Eure…).
Les autres “grands chantiers“ du port maritime semblent progresser sans accroc. L’approfondissement du chenal par arasement des points hauts pour gagner un mètre de tirant d’eau, devrait démarrer au début 2010 pour durer deux ans. En revanche, la mise en œuvre de la réforme portuaire et le détachement des emplois de l’outillage portuaire vers les opérateurs privés, souffrirait des lenteurs administratives à l’échelon ministériel, avec des décrets qui tardent à sortir.
De leurs côté, les opérateurs privés dont le poids devient déterminant dans le fonctionnement des ports maritimes français après la réforme de juillet 2008 se déclarent « déterminées à continuer ». « En 2007, le secteur privé avait investi 32,5 M€. Quelque 170 M€ de réalisations sont attendus au terme de la période 2008 – 2010 », assure Philippe Deshays, président de l’Union portuaire Rouennaise.