Salon du Livre de Paris 2008 Sur un bel espace de 180m2, les Régions de Haute et Basse-Normandie ont fait cause commune pour la troisième année consécutive, au Salon du livre de Paris ouvert au public jusqu’au mercredi 19 mars. Derrière l’image de ses institutions régionales de plus en plus professionnelle, les créateurs attendent un accompagnement en profondeur à une économie du livre aujourd’hui en quête de cohérence. Pour les petits éditeurs qui ont la chance d’être hébergés presque gracieusement sur le stand régional “Livres en Normandie“, - ils sont 12 sur 38 éditeurs référencés en Haute-Normandie -, le Salon du livre parisien est une occasion unique de nouer des contacts professionnels. Ces jeunes professionnels peuvent y trouver de nouveaux partenaires, améliorer leur diffusion, se faire connaître auprès des bibliothécaires et libraires, et, très accessoirement, peuvent y vendre leurs productions à un public (180.000 en 2007) le plus souvent noyées parmi les 60.000 productions annuelles de l’édition francophone. Patrick Streiff (fil-fax 19/03/08) ARPEL : http://arpel.aquitaine.fr/
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Editeurs et auteurs attendent un accompagnement
pérenne des collectivités régionales
Avec les deux Normandie, et bien au-delà de la diversité de la production éditoriale régionale, l’Alsace, l’Aquitaine, la Bourgogne, la Bretagne, la Corse, le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, le Nord Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, la Provence, et le Pays de la Loire sont les autres régions rassemblées à Paris autour et au service du fragile “’écosystème des métiers du livre“. Derrière les paillettes, d’un bout à l’autre de la chaîne, les métiers qui le constituent restent de fait précaires. Des millions de personnes écrivent, mais seuls 400 écrivains vivent de cette activité en France. Quatre à six mille éditeurs publient des livres tandis que douze maisons d’édition réalisent 70% des 2,8 M€ du chiffre d’affaires global. L’accès aux diffuseurs est aléatoire et souvent dispendieux. Les distributeurs sont concentrés autour de 5 entités commerciales et la librairie reste le commerce de proximité le moins rentable (résultat net 1,4%). C’est dire l’importance et la nécessité d’un travail d’accompagnement en région notamment par le biais des Agences Régionales du Livre (ARL) où règne la disparité. Il y a les plus modestes dont fait partie la Haute-Normandie (budget 300.000 €). Il y a les plus puissantes où l’ARPEL en Aquitaine fait figure de leader (budget 1,2 M€). Sur ce territoire où sont référencés une cinquantaine d’éditeurs, l’Etat et la Région se sont de plus, engagés dans un protocole d’aide au livre - et au disque - inscrit au Contrat de Projets 2007-2009. Sur trois années 1 M€ seront directement consacrés à une politique d’aide en plus de l’accompagnement habituel de l’ARPEL. « Un pari sur l’intelligence et la création », souligne à Paris le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset (PS).
En Haute-Normandie, ramené au nombre d’habitants le budget alloué est globalement 13 fois moins élevé qu’en Basse-Normandie. L’ARL haut-normande propose bien des formations, des animations… mais demeure le plus souvent désarmée lorsqu’il s’agit d’accompagner un jeune éditeur prometteur dans sa croissance (création d’emploi, contractualisation avec un diffuseur ou un distributeur, nouvelle collection). L’aide au livre est surtout structurée en Haute-Normandie autour de la “Carte région“, ce sésame électronique délivré par le conseil régional aux lycéens qui permet notamment l’achat en librairies des manuels scolaires. Quatre-vingt mille cartes sont en circulation dont 68.000 chargées en crédit livre pour un budget de 3,6 M€. « C’est loin d’être négligeable mais exclusivement tourné vers l’éducatif » relèvent les professionnels. En dehors des romans recommandés par un professeur, il est impossible pour un jeune de s’acheter le dernier roman à la mode avec cette carte. Une aide supplémentaire aux structures serait la bienvenue surtout si l’on considère que deux maisons d’éditions sur trois en Haute-Normandie ont moins de 10 ans d’existence et assurent elles-mêmes, au moins en partie, la diffusion de leur production.
Pour l’ARL Haute-Normandie, l’aide au développement du fonds régional (1.600 titres), l’achat de bail, un prêt à taux zéro, la prise en charge d’expertise conseil, la création d’outils de promotion pour de jeunes éditeurs en lutte avec des flux financiers complexes sont hors de portée. « L’ancrage à 5 ou 10 ans de la région dans le paysage culturel national est pourtant à ce prix », défend le directeur de l’ARL Laurent Delabouglise. Ce développement espéré passera-t-il par un rapprochement des deux agences du livre normandes ? « Un projet à l’étude », chuchote-t-on sur le stand normand.
ARL : http://www.arl-haute-normandie.fr/