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La détermination de Valérie Fourneyron, les erreurs de Pierre Albertini

Valérie Fourneyron, députée socialiste, reprend donc à la droite la ville de Rouen que la gauche avait perdue en 2001. Le succès est éclatant. Elle l’emporte avec une très large avance, 55,79%, sur le maire sortant Pierre Albertini en confirmant au point près, le résultat de son élection à l’Assemblée nationale en juin 2007. Avec 38,10%, M. Albertini plonge dans les abîmes de la politique locale. Il y a trois raisons à cette déconvenue qui tiennent aux options et positions qu’il a adoptées pendant ses sept années de mandat, auxquelles il convient d’ajouter une quatrième raison : la détermination de la future maire de Rouen.
Pierre Albertini a commis trois erreurs que les électeurs rouennais lui ont fait payer. La première, c’est qu’après avoir été élu en affichant une image renouvelée de la droite, proposant des idées originales, parfois à front renversé avec celles que défendaient la liste du maire sortant Yvon Robert, il lui a été très vite reproché l’absence de concertation avec les habitants sur des dossiers communaux : la nouvelle médiathèque, l’aménagement de la place de la cathédrale, l’implantation du centre commercial des Docks.
La deuxième erreur est la conséquence de la première, il s’est retrouvé dans l’incapacité de travailler avec les partenaires incontournables de la commune, la communauté d’agglomération, le département y compris lorsque celui-ci était présidé par la droite avant 2004, et la région. La troisième erreur est sans doute d’avoir soutenu Nicolas Sarkozy au second tour après avoir fait campagne pour François Bayrou. Ce qui est apparu comme un revirement n’a même pas servi à ressouder une équipe municipale dont certains membres étaient exaspérés par sa façon d’administrer la ville. Et surtout, la détermination de l’UMP à devenir définitivement le chef de file de la droite à Rouen et dans l’agglomération de Rouen, en signant la fin du centrisme, a été fatale à Pierre Albertini qui revendiquait l’étiquette de centriste indépendant.

Rouen est-elle pour autant devenue une ville de gauche ? Certains n’avaient vu dans la mandature Yvon Robert (1995 – 2001) qu’un accident dans une ville au conservatisme modéré. S’il est évident qu’une bonne partie de l’électorat de droite ne s’est pas déplacée pour voter dimanche, ce qui a amplifié l’avance de Mme Fourneyron, il est remarquable que l’extrême gauche réussisse encore à dépasser les 6%. Divisée en deux listes, LCR de Catherine Saillard et LO de Gisèle Lapeyre, elle rate l’occasion de siéger au conseil municipal de Rouen, mais elle contribue à la marginalisation de la droite et du centre droit. Présents et très solidaires sur la liste de Mme Fourneyron – à la différence de 2001 -, les Verts rappellent qu’ils restent une force incontournable à Rouen dans les trois cantons (n° 1, 2 et 3) soumis à renouvellement. Ils y obtiennent 12,2%, 6,34% et 11,19% des voix, ce qui permet de mesurer partiellement, leur poids dans l’électorat de gauche à Rouen.
La victoire de Valérie Fourneyron place aussi la gauche dans une position de force jamais atteinte en Seine-Maritime, particulièrement dans le grand Rouen. Les socialistes se retrouvent non seulement à la tête de la capitale régionale mais aussi renforcent leurs positions dans l’agglomération de Rouen que Laurent Fabius devrait reprendre en main. Ils conserveront le puissant conseil général de la Seine-Maritime présidé par Didier Marie alors qu’Alain Le Vern gouverne le conseil régional de Haute-Normandie. L’agglomération d’Elbeuf est quasiment sous contrôle exclusif depuis que le maire sortant de Saint-Aubin les Elbeuf s’est allié avec les socialistes.

Etienne Banzet (fil-fax 11/03/08)


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