La démographie de la Haute-Normandie continue de s’affaisser La population de la Haute-Normandie était estimée à 1.815.000 habitants au 1er janvier 2007, il y a juste un an, indique l’Insee mardi 15 janvier à l’occasion de la présentation nationale des chiffres tirés des enquêtes annuelles, et à la veille du lancement de l’enquête 2008. A l’intérieur de la région, le mouvement de population vers les zones périphériques des villes se poursuit. Aussi, les petites communes de moins de 4.000 habitants attirent de nouveaux résidents au détriment des villes de plus de 10.000 habitants dont la population diminue pour 14 d’entre-elles alors que cinq sont stables et six gagnent des habitants dont Rouen intra muros qui confirme le rebond entamé au début des années 90 après une chute vertigineuse qui l’avait fait atteindre le seuil des 100.000 habitants. Avec 1.815.000 habitants contre 1.780.182 au recensement de 1999, la région se place au 14ème rang des 22 régions métropolitaines juste derrière l’Alsace (qui compte elle aussi 2 départements). Mais le faible rythme de croissance l’a fait reculer du 14ème rang au 17ème rang en rythme d’évolution. Le rôle de l’Ile de France Etienne Banzet (fil-fax 16/01/07)
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En hausse moyenne de +0,24% par an depuis 1999, la démographie haut-normande est maintenant nettement en dessous de la moyenne nationale qui est de +0,65% par an (+0,64% pour la seule métropole). Ce chiffre médiocre qui est caractéristique des régions françaises septentrionales est la conséquence d’un déficit migratoire important. En ce début de 21ème siècle, la Haute-Normandie est une des régions que l’on quitte. « Elle progresse toujours à un rythme modéré grâce à l’excédent naturel des naissances moins les décès, et en dépit de départs plus nombreux que les arrivées », prévient l’Insee. « L’apport de population en provenance de l’Ile de France permet à la région de limiter son déficit migratoire ». Peut-on pour autant parler d’une attractivité de la Haute-Normandie, puisque les nouveaux arrivants en provenance de l’Ile de France s’installent aux franges de leur région d’origine. Dans ces conditions, c’est plus l’Ile de France qui déborde que la Haute-Normandie qui attire.
Pour la Haute-Normandie, la croissance démographique se situe dans le prolongement de la tendance des années 90, note l’Insee. La région fait toujours des enfants. Avec 23.290 naissances par an pour 15.720 décès, la croissance annuelle naturelle est de l’ordre de 7.570 habitants sur la période 1999-2006 soit +0,42% pour une moyenne nationale de 0,40%., ce qui place la Haute-Normandie au 7ème rang.
En revanche, le solde migratoire apparent est déficitaire à -0,18% par an, constate l’Insee. Mouvement également constaté en Champagne-Ardenne, Ile de France, Lorraine, Nord-Pas de Calais et Picardie. Dans un contexte de mobilité accrue, qui est par ailleurs encouragé par les pouvoirs publics pour assouplir le marché du travail, la Haute-Normandie est perdante au jeu des migrations interrégionales.
Plus puissante et plus peuplée des régions françaises, l’Ile de France joue un rôle majeur dans les migrations interrégionales. D’après l’Insee, elle représente 39% des entrants en Haute-Normandie et 23% des sortants. Au total elle contribue pour 40% à la hausse de la population depuis 1999. « Sans cet apport, la Haute-Normandie aurait une croissance de sa population du même ordre que la Lorraine ou le Nord-Pas-de-Calais » calcule l’Insee, c’est à dire de +0,16 à 0,17%.